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Législation néerlandaise - Pour le juge, le coffee shop dissimulait une organisation criminelle

Checkpoint

Pour le juge, le coffee shop dissimulait une organisation criminelle

Publié le : 25 mars 2010 -  Par Maurice Laparlière

C’était le plus grand coffee shop des Pays-Bas et donc le plus grand du monde : Coffee shop Checkpoint à Terneuzen, ville de la province de Zélande dans le sud des Pays-Bas. Le juge a déclaré jeudi son verdict : le coffee shop cachait en réalité une organisation criminelle.

Le suspect principal a écopé d’une peine de prison de 16 semaines. La sentence aura des répercussions sur la célèbre politique de tolérance néerlandaise en matière de stupéfiants.

Que les Néerlandais en soient fiers ou non, les coffee shops, principalement à Amsterdam, constituent une grande attraction touristique pour les étrangers.

Politique de tolérance

Les Pays-Bas sont connus pour leur politique de tolérance. Officiellement rien n’est autorisé, mais le législateur ferme les yeux. Tout au moins si les utilisateurs et les vendeurs agissent discrètement. Les fumeurs de haschich ont le droit d’être en possession de quelques grammes de drogue et les coffee shops ne sont pas autorisés à avoir plus de 500 grammes en stock pour la revente. Chez Checkpoint, le géant parmi les coffee shops, il en allait tout autrement.

Bethlehem, l’officier de justice :

"En résumé, cela revient à dire qu’il y avait un mécanisme bien rôdé qui fonctionnait derrière la façade, avec l’objectif de vendre le plus possible de drogues. Des dizaines de kilos par jour. Chaque participant jouait un rôle spécifique. Il y avait un service achats, un service transport, un service traitement du produit. Nous considérons cela comme une organisation criminelle, car des faits passibles d’une peine ont été commis. Les quantités de drogue dont il s’agissait étaient énormes, valables pour un chiffre d’affaires annuel de près de trente millions d’euros."

300 clients faisaient la queue

Bien que Checkpoint eût cinq comptoirs où la drogue pouvait être vendue, la queue pouvait être longue de trois cents clients. Plus de 90% d’entre eux venaient des pays voisins, principalement de Belgique ou de France. Et cette tournure internationale n’était justement pas l’objectif de l’administration municipale. Checkpoint n’était plus le point de vente discret de drogue, mais était devenu une organisation criminelle où les drogues étaient exportées à grande échelle, l’argent louche était blanchi et où surtout beaucoup de drogues circulaient.

L’affaire contre Checkpoint peut avoir des répercussions pour la politique de tolérance en matière de drogues douces. Peter Tak, juriste :

"Cette condamnation a des répercussions pour tous les grands coffee shops des Pays-Bas, et il y en a beaucoup. Avec ce jugement, ils peuvent être à leur tour l’objet de condamnation. Mais je me demande si le Ministère Public sait précisément ce qu’il doit faire. Car Checkpoint était unique en son genre. En matière d’excès."

1.500 kilomètres carrés

Il faudra également mieux surveiller les cultivateurs et les fournisseurs des coffee shops. C’est un monde que l’on connaît peu. Le chef de la police Max Daniel passe une grande partie de ses journées à rechercher les cultivateurs de cannabis. Il dresse le portrait suivant :

"Imaginez que tout les plants de cannabis cultivés aux Pays-Bas soient mis les uns à côté des autres, vous pourriez couvrir une superficie de 1.500 kilomètres carrés. Parfois on les trouve dans des souterrains, dans des conteneurs maritimes qui sont très difficiles à découvrir."

Grande criminalité

Le chef de la police se fait surtout du souci pour les réseaux de grande criminalité qui circulent autour de la culture du cannabis :

"Chacun pense : ce ne sont que quelques plants de cannabis en pot aux fenêtres. Ce sont sans doute des anciens hippies. Ceci est un malentendu total. 80% de la récolte est exportée et il y a des milliards en jeu. Ils coupent les doigts des partenaires en qui ils n’ont n’a pas confiance et les concurrents ou les mouchards sont assassinés en plein jour.
Pourtant, l’image reste : le cannabis, c’est une plante innocente. On ne peut pas changer cette image."



Cannabis en vente dans un coffee shop (Photo : ANP)
 
Message des Pays-Bas aux touristes de la drogue : c’est fini

Publié le : 21 octobre 2009 - Par Rédaction Afrique

Six des huit coffee shops de Bergen op Zoom et de Roosendaal aux Pays-Bas ont fermé leurs portes, comme si une interdiction de vente de cannabis dans les villes entrait en vigueur.


Les villes dans le sud-ouest du pays, proches de la frontière belge, affirment que leurs coffee shops attirent 25.000 touristes de la drogue belges par semaine – une source de nuisance et d’irritation pour les riverains.
 
Aux Pays-Bas, le cannabis n’est pas légal, mais la vente au détail est tolérée pour maximum 5g dans les dénommés coffee shops. Cependant, les villes frontalières néerlandaises sont confrontées avec le problème de l’afflux des touristes belges, allemands ou français qui passent la frontière pour acheter de la drogue. Les touristes irritent les riverains et attirent les dealers dans les rues.
Bergen op Zoom et Roosendaal ont choisi de s’attaquer au problème en interdisant totalement la vente de cannabis. A partir de maintenant, les coffee shops de ces villes sont obligées de s’adapter et de se contenter de vendre du café. Ceux qui enfreignent la loi risquent une fermeture de cinq ans.
 
Six propriétaires de coffee shops ont essayé de demander une injonction afin d’empêcher les autorités locales de changer le règlement. Cependant, la demande a échoué pour des raisons techniques: le tribunal a déclaré qu’ils auraient dû plaider l’affaire contre les autorités locales et non pas contre le maire. Les propriétaires ont annoncé qu’ils seraient fermés dans l’attente d’une nouvelle affaire. Les deux autres coffee shops n’ont pas dit s’ils envisageaient de se plier au nouveau règlement, mais dans les deux villes la police est sur le qui-vive afin de prévenir toute enfreinte.
 
C’est fini
Une campagne publicitaire a été lancée en Belgique ayant pour but de ne plus faire douter les éventuels touristes de la drogue sur le message néerlandais envers le tourisme de la drogue dans les villes frontalières: c’est fini.

C’est même le titre d’un site Internet indiquant aux Belges les changements de politique. Cette campagne est accompagnée d’une vidéo humoristique montrant des touristes de la drogue belges finissant dans un fourgon de police. Malgré le titre français de la campagne, elle est en néerlandais, vise les Belges flamands de l’autre côté de la frontière.
 
Regarder le clip vidéo C’est fini :


Date de création : 25/10/2009 - 16:14
Dernière modification : 26/03/2010 - 08:51
Catégorie : Législation néerlandaise
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