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Elections régionales : la France en rose.
Le résultat des élections régionales est clair et sans bavures. La France a voté à gauche ! C’est donc bien le paradoxe français : une France à droite au niveau national et une France à gauche au niveau local et régional. Comment l’expliquer?
Revenons sur le résultat global :
Une large victoire de la gauche a été obtenue dans toutes les régions métropolitaines sauf l'Alsace (21 régions à 1 !) et dans les départements d’outre mer, sauf à la Réunion et en Guyane. Au niveau national, le PS et ses alliés remportent 53,85 % des voix contre 35,53 % pour la majorité présidentielle et 9,26 % pour le Front national, qui n'était présent que dans douze régions. Avec 49%, l’abstention a reculé pour descendre en dessous des 50% (contre 53,6% au premier tour). Tous les ministres candidats ont été largement battus.
Mais voilà, cette lourde défaite de la droite ne semble pas inquiéter ni le président, ni le premier ministre qui ont décidé maintenir le cap et continuer « leurs » réformes. Non, il ne faut surtout pas changer de cap, nous dit-on ! C’est le contraire qui serait terrible ! On perd les élections et on ne change surtout rien, sauf un peu de cosmétique et de rajeunissement au gouvernement et l’abandon de la taxe carbone. C’est l’Europe qui devra l’instaurer….
On s’épingle aussi un peu entre collègues du gouvernement, mais juste un tout petit peu, histoire de préserver l’avenir sans trop perdre de voix.
François Fillon, le Premier Ministre s’est exprimé le premier sur l'après-régionales et les réformes à venir. Selon lui, la débâche de la droite n'implique aucun "changement de cap politique". "On ne change pas une politique engagée depuis trois ans", même si elle est perdante. Il annonce donc qu'il poursuivra les réformes annoncées visant à réduire les déficits, et ne touchera pas au bouclier fiscal.
Trois jours après, c’est le chef de l’Etat qui s’est exprimé en prenant acte du résultat : "Vous avez exprimé ce que vous ressentiez dans ce contexte de crise financière et agricole. Mon devoir est d'entendre ce message", a-t-il promis tout en ajoutant : que les Français l'avaient élu "pour sortir le pays de l'immobilisme". Les réformes ont été entreprises mais la crise a ôté les "effets positifs de tout ce qui a été entrepris". Aussi M. Sarkozy a refusé tout "changement de cap", estimant que "rien ne serait pire". Notre président entend donc "continuer les réformes, arrêter maintenant ruinerait les efforts déjà accomplis".
Le message était pourtant clair : les Français doutent de l’efficacité des réformes, de leur équité et même de leur bien-fondé : le bouclier fiscal, la réduction des effectifs de fonctionnaires, la réforme des collectivités territoriales, et surtout celle des retraites à venir.
Apres la sanction électorale, il faut donc s’attendre à un troisième tour social. Des grèves dans différents secteurs sont déjà annoncées.
Et rendez-vous en 2012 !
François