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Session de mars 2012 de l'A.F.E Français du Monde en Italie
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Section de Rome-Latium - 1.Compte rendu de la soirée du 30 mars "crise économique en Italie et en Europe"
Compte Rendu du débat-apéritif dinatoire du vendredi 30 mars 2012
« Crise économique en Italie et en Europe : perspectives »
Participants : environ 25 personnes sont venues écouter, réfléchir, intervenir, avant de poursuivre les échanges en petits groupes, autour des tables.
Intervenants : le débat, modéré par Sandro di Toni, conseiller parlementaire, a réuni
Stefano Fassina, responsable économique du PD (Partito democratico) ;
Alfonso Gianni, membre du SEL (Sinistra Ecologia Libertà), ex-sous-secrétaire d'état au développement économique du Gouvernement Prodi ;
Dino Greco, membre du PRC (Partito della Rifondazione Communista), directeur du journal communiste en ligne Liberazione ;
Riccardo Sanna, responsable national de la CGIL (Confederazione Generale Italiana del Lavoro) à l'économie, le budget et les services publics.
Quelques-unes des questions débattues :
Il y a concordance sur le fait qu'il s'agit à la fois d'une crise structurelle classique du capitalisme au stade financier mais aussi d'une crise spécifique de par l'importance sans précédent des sommes en jeu et de l'intervention des Etats pour renflouer les institutions financières. Ces liquidités ont fait défaut aux Etats pour répondre aux besoins sociaux.
Partie, comme en 1929, des USA (crise des « subprimes »), la crise a gagné l'Union européenne et est devenue celle d'une monnaie sans Etat, l'euro.
Les écarts productivité entre les divers pays européens et les écarts entre les balances commerciales sont un élément de la crise de l'euro, sans possibilité de jouer sur les dévaluations ou réévaluations monétaires, contrairement à ce que font les USA et la Chine.
L'impossibilité pour les Etats de s'approvisionner directement auprès de la Banque centrale européenne (BCE) les place en situation de fort endettement par rapport aux banques, qui peuvent, elles, emprunter à la BCE à des taux très faibles et prêtent ensuite aux Etats à des taux élevés. Les marges de manœuvre des Etats sont fortement réduites.
La CGIL analyse la « transition actuelle » comme étant la crise d'un modèle de développement et, en tant que syndicat représentant le monde du travail, est amenée à faire des propositions s'attaquant aux causes mêmes de la crise (accroissement des inégalités et « dégénérescence » de la finance). Pour la CGIL, l'euro-austérité ne fonctionne pas et doit être combattue. La croissance est l'unique voie pour réassainir les comptes publics et sortir de la crise économique, financière, sociale, démographique, environnementale et intergénérationnelle.
Une politique alternative de sortie de crise est jugée possible mais très difficile. Il faudrait la victoire de la gauche dans plusieurs pays d'Europe (rencontre récente PD italien, SPD allemand, PS français) afin de pouvoir renégocier certains points des traités européens, changer les missions de la BCE pour qu'elle puisse émettre des euro-obligations, non seulement pour racheter une partie de la dette des états envers les banques, mais aussi pour impulser des projets d'infrastructure et de reconversion écologique de l'économie. Il faudrait également renforcer les pouvoirs du Parlement européen et favoriser une politique de relèvement du pouvoir d'achat.
Dino Greco (PRC) a souligné la nécessité pour les Etats de maitriser les moyens de production clé afin de pouvoir impulser des politiques de développement.
Divergences.
Monti « un mal nécessaire » pour Stefano Fassina (PD). L'arrivée de Monti a permis d’améliorer l'image et la considération de l'Italie à l'étranger ainsi que les conditions économiques du pays, avec pour preuve le resserrement du spread (écart entre le taux d'intérêt de l'emprunt des euro-obligations) entre les emprunts d’Etat italien (BTP) et allemand (Bund).
SEL et PRC très critiques : baisse des pensions, augmentation des taxes à la consommation, assouplissement des freins aux licenciements. Finalement, le gouvernement Monti fait payer la crise à ceux qui ont déjà du mal à s'en sortir. Quand au recul du spread, il est dû aux 1100 milliards d'euros (énorme somme gaspillée) injectés par la BCE dans les banques, ce qui n'a fait que renvoyer le problème à plus tard au lieu de le résoudre. Pour ces deux partis, il aurait mieux valu aller aux élections, qui auraient assuré, selon eux, la victoire de la gauche et du centre-gauche et auraient permis de mettre en œuvre une politique de gauche.
Pour la CGIL, sans une Europe plus unie, plus démocratique et plus forte, unique réponse possible dans un monde globalisé, on ne peut agir que peu au niveau national. Mais ce « peu » se nomme « équité ». Équité dans la distribution du revenu national et de la richesse possédée : on peut faire une réforme fiscale qui aiderait à retrouver la croissance à travers le soutien aux rémunérations, à la consommation, aux investissements.
N. B. Stefano Fassina (PD), ayant dû partir, n'a pas pris part à ce débat.
Il ya concordance sur l'utilité et la nécessité des luttes pour chercher à réduire les effets des politiques libérales, y compris celles du gouvernement Monti.
Il y a des divergences sur les modalités pratiques (manifestations, grèves, ...).
Beaucoup dépendra de la loi électorale.
Avec la loi actuelle, il pourrait y avoir une alliance de la gauche (SEL et, peut-être PRC) et du centre-gauche (PD et IDV) et le retour de députés de la gauche au Parlement.
Mais le PD cherche, avec ses alliés actuels au gouvernement, à élaborer une nouvelle loi qui pénalisera les forces politiques minoritaires et reconduira l'alliance actuelle.
Cependant la situation est encore ouverte et dépendra, pour une part, du résultat des élections administratives (équivalentes en France aux élections locales, municipales, provinciales, régionales) à venir (le 6 mai prochain).
N. B. Stefano Fassina (PD) n'était plus là au moment où cette question a été discutée.
Des réponses apportées, notamment par Riccardo Sanna (CGIL), on peut déduire que la question ne semble pas simple à résoudre pour les intervenants.
Il faudrait, au fond, une reconversion d'un mode de production tiré vers l'exportation à un mode centré sur la demande publique et privée de l'intérieur et qui s'oriente vers la reconversion écologique ainsi que vers une redistribution des revenus dans le but, non seulement de réduire les inégalités sociales (très fortes en Italie) mais aussi de relancer la consommation intérieure, une consommation collective, responsable et de qualité.
En tout cas, il faut prendre des mesures de pénalisation envers les entreprises qui délocalisent après avoir bénéficié d'aides publiques.
Tous s'accordent sur le refus de céder à la concurrence des pays asiatiques ou des pays des Balkans en réduisant en Italie les revenus du travail salarié, revenus déjà parmi les plus bas d'Europe : l'issue à la crise ne peut se faire sur le dos des travailleurs.
N. B. Stefano Fassina (PD) n'était plus là au moment où cette question a été discutée. Date de création : 30/04/2012 - 16:25 Réactions à cet article
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