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Editorial - 2011

L’imam rose : l’homosexualité n’est pas un pêché

Muhsin Hendricks, un homme sud-africain de 43 ans, est imam et homosexuel. Son association ‘the Inner Circle’ aide les musulmans en difficulté avec leur propre sexualité. Le message : "Vous avez le droit d’être homo !". Tout le monde n’était pas d’accord et Hendricks a perdu son statut officiel d’imam

L’imam Muhsin Hendricks a les traits tirés. Il est invité par l’organisation néerlandaise défendant les droits des homosexuels d’Amsterdam, la COC. L’emploi du temps de l’imam est chargé. Ici, beaucoup de monde s’intéresse à cet "imam rose", ainsi qu’on le nomme parfois.

Par enchantement
Quand il s’agit pour Hendricks de parler de sa foi et sa nature, sa fatigue disparait comme par enchantement. "C’est une forte identité que d’être musulman. Il en va de même pour le fait d’être homo. Ces identités sont les miennes et j’ai pu les réconcilier".

Tout n’a pas été si facile pour Muhsin Hendricks. Il vient d’une famille orthodoxe d’Afrique du Sud. Son grand-père était imam dans une grande mosquée du Cap. Muhsin se rend rapidement compte de sa différence. Dans son enfance, il préfère les poupées aux voitures. On le traite d’efféminé et on le harcèle. Ce n’est que plus tard qu’il se rend compte que l’homosexualité existe.

Hendrik trouve refuge dans sa foi, qui selon de nombreux musulmans ne reconnaît pas les sentiments homosexuels. L’amour d’un homme pour un homme est interdit. C’est l’un des plus grands péchés, condamnés dans certains pays musulmans à la punition extrême : la peine de mort.

Sexualité non choisie
C’est alors que Muhsin Hendricks se décide à découvrir ce qui est écrit sur l’homosexualité dans le Coran. Il suit des études sur l’islam au Pakistan. Hendricks : "Je ne pouvais pas comprendre qu’un Dieu aimant et indulgent puisse me juger, pour quelque chose que je n’ai pas choisi"

Muhsin tire une conclusion intéressante de son étude. Nulle part dans le Coran on ne peut lire que l’homosexualité est interdite. Même pas dans l’histoire de Sodome et Gomorrhe. Des villes dévastées par Dieu car les hommes avaient des relations sexuelles entre eux. Selon Hendricks, les habitants n’ont pas été punis pour leur préférence sexuelle, mais pour les viols qu’ils avaient commis.

On peu trouver des textes dans le Coran dans lesquels Allan reconnaît même l’existence d’homosexuels, dit Hendricks. "Comme dans la sourate 24 verset 31. Il est écrit que les femmes doivent se couvrir davantage pour les hommes. Mais pas pour les hommes qui ne se sentent pas attirés par elles. Il doit s’agir des homosexuels," conclut Hendricks.

De là à reconnaître qu’il a des sentiments homosexuels et les assumer, il y a encore un pas de trop pour Hendricks, qui se marie et a trois enfants. Son épouse sait qu’il est homosexuel, mais décide quand même de vivre avec lui.

Evanouissement
Sa mère s’évanouit quand elle apprend que son fils Muhsi est homosexuel. La compréhension parmi ses proches ne vient que lentement. Une partie de sa famille refuse de le voir.

L’imam Hendricks a rencontré par la suite l’amour de sa vie. Son partenaire a une autre foi – il est hindou - et n’est pas encore accepté par tous ses proches.

Il est obligé de cesser d’exercer ses fonctions d’iman à la mosquée. L’explication qu’il donne sur son homosexualité et sa foi en l’islam ne convainc pas la doctrine officielle.

Pas leur ennemi
"Les imams me voient comme une menace pour leur conception de l’Islam. Mais je ne suis pas leur ennemi. Je les invite seulement à considérer cette autre vision des choses. Mon interprétation donne aux musulmans la chance de pratiquer leur religion tout en acceptant leurs sentiments."

Muhsin Hendricks se considère encore comme un imam. Avec son association the Inner Circle, il essaie d’aider les musulmans à s’assumer. Hendricks anime des stages de responsabilisation afin d’aider les plus jeunes à se sentir plus sûrs d'eux-mêmes. Il donne également ces cours aux Pays-Bas. On compte déjà plus de 60 inscriptions à ce jour.

Par Klaas den Tek, Amsterdam Publié le 18 février 2011

 


 

Montpellier : mariage symbolique d'un couple homosexuel

MONTPELLIER — Hélène Mandroux, maire PS de Montpellier, a célébré samedi en fin de matinée, dans la salle des mariages du domaine de Grammont, le mariage symbolique d'un couple homosexuel franco-portugais, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les deux "mariés", Tito Livio Santos Mota, enseignant de portugais, 51 ans, et Florent Robin, 49 ans, président de la radio associative montpelliéraine Divergence FM, vivent ensemble depuis 25 ans.

"Parce que je respecte les lois de mon pays, je n'inscrirai pas cette union sur le registre officiel des mariages", a précisé d'emblée Hélène Mandroux.

"Pas encore", a plaisanté Florent Robin. A la sortie de la salle des mariages, les élus de la majorité municipale ceints de leur écharpe tricolore ont formé une haie d'honneur pour célébrer "les mariés", devant une foule de journalistes.

Hélène Mandroux a déclaré vouloir un changement de la loi française. Elle avait déjà lancé en novembre 2009 "l'appel de Montpellier" en faveur de l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe.

"Aujourd'hui, dans neuf pays en Europe, la loi autorise le mariage homosexuel. La France n'a pas encore mis ce sujet à l'ordre du jour du Parlement. Il faut rattraper le retard. Cette discrimination n'est pas acceptable. Les politiques doivent suivre la société et ne pas rester figés", a-t-elle dit.

Elle a annoncé que "le Parti socialiste prendra ses responsabilités et tiendra ses engagements durant la campagne présidentielle de 2012 sur cette question".

"Ce mariage est militant, a déclaré Florent Robin. Aujourd'hui, nous sommes heureux et fiers, mais la lutte continue", a-t-il dit, affirmant: "la société est prête, c'est les hommes politiques qui sont encore frileux".

"Le Pacs n'est pas suffisant", a ajouté Tito Livio Santos Mota. "Je suis contre les demi-droits. Les différences face à la loi entraînent des propos racistes et discriminatoires. La loi doit être la même pour tout le monde et j'espère qu'elle changera".

Les "jeunes mariés", comme les a appelés Hélène Mandroux, ne se sont volontairement pas embrassés après la proclamation factice, préférant une accolade appuyée.

"Le baiser de fin, on le fera quand la cérémonie ne sera plus symbolique", a conclu en souriant Florent Robin.

Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés.


Editorial du Monde Défenseur des droits : une belle idée gâchée

 En instituant, lors de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, un Défenseur des droits, un “ombudsman” à la française chargé de mieux protéger les droits et les libertés des citoyens, Nicolas Sarkozy avait visé juste. Cette idée du comité de réflexion sur la réforme des institutions, présidé par Edouard Balladur, bénéficiait d’un large consensus. Elle aurait pu être un pilier de la République irréprochable que M. Sarkozy prétendait bâtir.

Hélas ! Cette réforme, qui fait l’objet de deux projets de loi – ordinaire et organique – que les députés devaient voter mardi 18 janvier, s’est ensablée dans des petits jeux poli-ticiens qui la dénaturent. Premier accroc : le Défenseur des droits est nommé par le président de la République, alors que le comité Balladur proposait, pour garantir son indépendance, qu’il soit élu à la majorité des trois cinquièmes par les députés. L’Assem-blée nationale ne dispose que d’un simple droit de veto.

Le second accroc porte sur la nature du poste. Le Défenseur des droits va regrouper cinq autorités administratives indépendantes : le Médiateur de la République, le Défenseur des enfants, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) et le Contrôleur général des lieux de privation de liberté.

Des institutions indépendantes qui ont leur spécificité et ont joué leur rôle vont ainsi disparaître en tant que telles. Après sa nomination à la tête de la Halde, en avril 2010, Jeannette Bougrab avait jugé que sa suppression serait un très mauvais signe politique pour les plus fragiles. Sa nomination, en novembre, comme secrétaire d’Etat à la jeu-nesse et à la vie associative a eu raison de ses craintes. Le lobbying auprès des députés de Dominique Versini, Défenseure des enfants, qui voyait aussi dans la disparition de son poste une erreur, a tourné court. Quant au Médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, aujourd’hui président du Conseil économique, social et environnemental, il cessera d’exercer ses fonctions le 31 mars, avant même la mise en place du Défenseur des droits.

Le troisième accroc vient des petites manœuvres autour du choix du premier titulaire du poste, qui, là aussi, ne sont pas à la hauteur de l’ambition initiale. Pour éliminer les éventuels prétendants de gauche, des députés de l’UMP ont tenté – heureusement en vain – de faire voter un amendement prévoyant que la fonction devra être exercée par une personnalité ayant moins de 68 ans au jour de sa nomination. Il s'agissait juste de barrer la route à Jack Lang et à Bernard Kouchner, âgés de 71 ans... Mais la ficelle était un peu trop grosse...

Sauf coup de théâtre, le poste de Défenseur des droits devrait revenir à Françoise de Panafieu, 62 ans, députée de Paris, dont la circonscription, redécoupée, sera ainsi libérée pour Bernard Debré, qui ambitionne de s’y présenter en 2012. Là encore, on est dans le petit calcul politicien. Au final, une réforme qui aurait pu et dû être irréprochable est entachée de défauts qui la rendent contestable. Dommage.
Article paru dans l'édition du 19.01.2011

 


 

 

Les Sages se penchent sur le mariage homosexuel

Le Conseil constitutionnel examine aujourd'hui cette question, alors que plusieurs pays européens ont déjà autorisé ces unions. Le Conseil constitutionnel examine mardi matin lors d’une audience publique la question du mariage homosexuel. Un couple de femmes, l’une pédiatre et l’autre professeur d’anglais, vivant en concubinage depuis près de 14 ans et mères de quatre enfants, est à l’origine de la procédure,
initiée en mai 2010 auprès du Tribunal de Grande Instance de Reims. Selon leur avocat, Me Emmanuel Ludot, «elles ne sont pas dans un esprit militant ou politique (…) elles veulent se marier parce qu’elles considèrent que c’est l’outil indispensable pour construire une famille».
Le 16 novembre, la Cour de cassation avait transmis aux Sages leur question prioritaire de constitutionnalité (QPC), portant sur les articles 75 et 144 du code civil, qui excluent du mariage civil les personnes de même sexe. Dans son arrêt, la haute juridiction avait estimé que cette question méritait d’être transmise au Conseil constitutionnel, le mariage homosexuel faisant «aujourd’hui l’objet d’un large débat dans la société, en raison, notamment, de l’évolution des moeurs et de la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe dans leslégislations de plusieurs pays étrangers». «Aujourd’hui, il paraît inconcevable que la France, qui représente la patrie des droits de l’Homme,
n’ait pas encore ouvert le mariage civil à tous les couples de femmes ou d’hommes, alors qu’il l’est dans près de dix pays européens», estime l’avocate Caroline Mecary, qui représente l’association SOS homophobie et l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL).
Le mariage homosexuel est autorisé aux Pays-Bas, en Belgique, Espagne, Norvège, Suède, Islande, au Danemark, Portugal et au Royaume-Uni. Les associations craignent cependant que le Conseil Constitutionnel ne renvoie la balle au Parlement, comme il l’avait fait sur l’homoparentalité. Les Sages avaient rappelé le 6 octobre qu’en cas d’adoption simple, l’autorité parentale était réservée aux couples mariés. Mais ils avaient refusé d’aborder la question d’«un traitement discriminatoire fondé sur l’orientation sexuelle». Ils avaient en effet estimé que cela aurait consisté «à prendre position dans un débat éthique, scientifique et, en définitive, politique sur l’homoparentalité». Ils avaient estimé qu’il appartenait au législateur de se prononcer sur une telle question de société.
(Source AFP) Les Sages se penchent sur le mariage homosexuel
publié le 18/01/2011


Date de création : 07/02/2011 - 09:26
Dernière modification : 08/03/2011 - 09:21
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