Si son discours a été émaillé de surprises, celles-ci ne concernent que l’agenda national. La stratégie européenne de François Hollande, qui tient en quelques idées fortes, n’a pas dévié depuis des mois. Le meeting qui s’est tenu au Bourget, le 22 janvier, a donc été l’occasion de compiler des objectifs déjà dévoilés au fur et à mesure depuis sa victoire aux primaires.

Des projets industriels 

Le « pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance », dont le candidat socialiste avait inauguré l’idée lors d’un déplacement à Bruxelles en novembre dernier, propose de doter l’Europe des deux volets qui font aujourd’hui défaut : la relance économique, pour compenser l’effet de récession provoquée par l’austérité, et le contrôle démocratique des décisions européennes.

Conséquence, le traité intergouvernemental actuellement négocié comporte selon lui trop de failles. « Je (le) renégocierai », a réaffirmé François Hollande. Son ambition européenne repose sur des « projets industriels », des « grands travaux dans le domaine de l’énergie », « un fonds européen qui puisse avoir les moyens d’agir » et une « Banque centrale européenne qui devrait être, finalement, au service de la lutte contre la spéculation ». Une agence publique européenne devrait par ailleurs jouer le rôle de contrepoids contre les notations délivrées par les agences privées, dont les plus grandes sont américaines. A Bruxelles, l'idée a un temps été promue par Michel Barnier pour finalement être enterrée, en l'absence de consensus au sein du collège des commissaires européens.

« Blague »

La démarche du député de Corrèze laisse Henri Guaino sceptique. Pendant son allocution d'une heure et demi, le député de Corrèze a prouvé qu'il avait la  « stature du candidat », reconnaît-il au micro de France Inter. Mais « vous croyez qu'il suffit que Hollande arrive sur la scène européenne pour que la conception que l'Allemagne a de la Banque centrale européenne change du jour au lendemain ? », tacle le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. « C'est une blague. »

François Hollande ne peut feindre d'ignorer cet écueil.

« On me demande souvent : ‘Mais comment allez vous faire pour faire venir vos alliés dans cette Europe, sur les positions que vous défendez, puisque le Président sortant n’y est pas arrivé ?’ », relève-t-il lui-même.

S’il est élu, François Hollande promet justement de rendre visite à Angela Merkel avant tous les autres dirigeants. Outre l’accord international, le candidat compte aussi approfondir le traité bilatéral de l’Elysée, signé entre Paris et Berlin en 1963. Les discussions pourraient se concrétiser avec la chancelière en janvier 2013. Soit neuf mois avant les élections allemandes…