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Agenda du 26 Février 2010

19h00      Institut français
Livres de Efoui et N´Sondé   

SOIRÉE SPÉCIALE

PRIX DES CINQ CONTINENTS DE LA FRANCOPHONIE
KOSSI EFOUI (2009), WILFRIED N’SONDÉ (2007)
Animation : Dr. Susanne Stemmler (HKW) avec traduction simultanée

Le prix des Cinq continents, attribué chaque année à un auteur francophone par l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a été remis le 24 septembre 2009 à l'écrivain togolais Kossi Efoui, à Beyrouth, pour son roman "Solo d'un revenant" (Le Seuil) dans le cadre du Salon du Livre francophone de Beyrouth.


Le livre évoque l'histoire d'un retour aux sources dans un pays ayant connu une décennie de massacres. Un homme revient régler ses comptes. Le passé et le présent se bousculent, les victimes et les bourreaux se mêlent, la clownerie et la tragédie se confondent.Kossi Efoui est né au Togo en 1962. Il y fait des études de philosophie avant de se tourner vers le théâtre. Il est l'auteur d'une douzaine de pièces jouées sur les scènes européennes et africaines, dont « Le Carrefour » (l'harmattan, 1989).

 La soirée sera agrémentée de délicieuses spécialités africaines et d'un concert surprise.


Infos: institut-francais.fr

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L’Afrique intérieure de Kossi Efoui

 

Solo d’un revenant. Le Seuil, 216 pages, 17 €.

« Mince et belliqueux comme une lance. » C’est un vers de Neruda, qu’aime bien le Togolais Kossi Efoui. Cela tombe bien, il lui ressemble. Solo d’un revenant n’est pas un roman sur les massacres interethniques au Rwanda, mais une réflexion sur l’amnésie collective.

Le revenant du roman est le fantôme de ce qui a été enfoui sous la rhétorique officielle, ni victime ni bourreau, mais témoin d’une guerre totale, conduite à la machette, mais avec les visées exterminatrices d’une puissance atomique. Les cicatrices sont là, bien présentes, d’un massacre conduit au nom de l’existence vitale commune. La totalité du groupe, Kossi Efoui la rassemble dans une trouvaille romanesque, celle d’un trio autrefois inséparable.

Trois amis avaient fondé le Théâtre des Pièces à conviction. Leur quartier général, derrière une palissade ondulée : « Au couvent des vierges folles – bar dancing. C’est là que nous nous retrouvions, Mozaya, Asafo Johnson et moi, pour cueillir l’inspiration, dont nous nous remplissions en même temps que de la gnôle populaire, et écrire des saynètes sur l’augmentation du prix du pain ou sur les nouvelles loi pour lutter contre la rumeur. »

Le verbe qui manque à toute reconstruction artificielle, le voici incarné dans cette triade d’abord heureuse, avant de devenir l’image même de la chute : Mozaya le poète, fou de citations puisées fébrilement dans son carnet, est mort. Le livre devient une ode à cette amitié merveilleuse, au nom de laquelle le narrateur revient hanter la réalité : « Les matins nous retrouvaient souvent sur la plage, le corps en état de rire et d’épuisement, une excitation mêlée d’une légère anxiété, comme si la renaissance du jour reposait uniquement sur l’espérance des hommes et que nous étions les derniers au monde. »
Alors que Mozaya est parti avec une femme, s’approche le jour du Grand Tourment. L’organisation de la mort progresse, on dresse des listes, la presse à sensation diffuse des mots à succès comme « Les rebelles ». Ceux-ci répètent une comédie musicale trash, une sorte de mise en scène dans le style Roman comique de Scarron, avec des Rambo en robe de mariée, furieusement tendance : « Il faut imaginer, c’est la mort qui s’entraîne à rire. » Bientôt, on immolera jusque sur les autels.

Daniel Morvan, écrivain
http://chiendelisard.blogspot.com

[ Voir l'agenda complet : Février 2010 ]


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